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Les loups du Calanda N° 1067
Haldenstein, Dorf — Tamins, Dorf • GR

Les loups du Calanda

C’est sur le Calanda, entre la vallée du Rhin de Coire et la vallée de la Tamina, que vit la première meute de loups de Suisse. Sur les versants escarpés et dans les forêts riches en gibier, ces grands prédateurs se sentent bien. Comme les jeunes quittent la meute au bout d’un an pour se mettre à la recherche d’un partenaire, on compte au Calanda, selon la saison, entre sept et dix loups. Leur territoire de près de 200 km2 aux portes de Coire se découvre en deux jours de randonnée, à condition d’être en forme. Le premier jour est marqué par une montée de 1500 m de dénivelé entre Haldenstein et la cabane du Calanda. Une ascension agréable, généralement à travers la forêt via Arella, Nesselboden, Funtanolja et Altsäss, jusqu’à la cabane installée sur un site spectaculaire. Pour couronner le tout, on ira apprécier le lever du soleil avant le petit-déjeuner, au sommet du Calanda à 2800 m. Après avoir repris des forces, on entame la deuxième journée avec une magnifique vue via les alpes Felsberger Älpli et Taminser Älpli: il existe deux passages glissants et légèrement exposés, qui peuvent être périlleux par temps de pluie. C’est sur le col du Kunkelspass que l’histoire des loups du Calanda a commencé en 2011: un loup venu du Valais y avait tué trois moutons. Peu après, un randonneur parvint à photographier deux loups sur une alpe voisine. L’été suivant, six louveteaux venaient au monde. Deux d’entre eux ont fait les titres des journaux. Le premier a été victime de braconnage, le second a péri sous un train à Schlieren, dans le canton de Zurich. La randonnée ne va pas si loin. Elle se termine à Tamins Dorf, village accessible par la route ou par le sentier abrupt du Foppaloch. Pour ce qui est des loups, on ne risque guère d’en rencontrer en chemin car ils sont extrêmement craintifs. Si c’est le cas, on ne manquera pas de savourer cet instant rare!
Chemin du patrimoine mondial de Sardona N° 1040
Stn. Maschgenkamm — Weisstannen • SG

Chemin du patrimoine mondial de Sardona

La première étape de cette randonnée de deux jours étant assez courte, on peut s’offrir une descente sur la piste de luge d’été avant de monter au Maschgenkamm. Il vaut mieux ne pas arriver trop tard à la cabane de Spitzmeilen pour profiter de passer quelques heures dans ses alentours immédiats, en se baignant dans le lac de montagne, en faisant une sieste dans l’herbe ou en mangeant un bon gâteau sur la terrasse en observant les Churfirsten et la chaîne de l’Alvier. Le deuxième jour exige nettement plus d’efforts. Attention, à certains endroits, il n’y a que des traces de chemins et des balisages occasionnels que l’on peut aisément manquer en cas de brouillard. A partir de la Fansfurggla et jusqu’au Madchopf, le chemin suit surtout la crête et offre une vue superbe sur le groupe de Sardona. C’est là que se trouve l’un des hauts-lieux du géoparc de Sardona. Moyennant quelques connaissances et un oeil exercé, on y reconnaît un phénomène géologique à la base de la formation des montagnes. Tout au long de la ligne bien visible du «chevauchement principal de Glaris», des roches anciennes sont passées par-dessus des roches nettement plus jeunes sur 40 kilomètres environ. Les profanes voulant impressionner les autres randonneurs liront la brochure «Sardona Welerbe-Weg» (commande sur le site www.geopark.ch) s’ils comprennent l’allemand, ou consulteront Internet avant leur départ. Ceux que la géologie ne passionne pas seront fascinés par les différentes couches de pierres aux couleurs variées de ce paysage de haute montagne, qui évoquent des peintures abstraites. Il faut garder de l’énergie pour la longue descente raide du Madfurggl à Weisstannen. En attendant le car postal, on visitera le musée Post ab! où l’on apprend notamment comment, au XIXe siècle, le bois se transportait par flottage sur le torrent Seez jusqu’à Mels.
650 cimes embrassées du regard N° 0952
Maran — Weisshorn • GR

650 cimes embrassées du regard

A Arosa, les passionnés de sports d’hiver peuvent aussi trouver leur bonheur en dehors de l’agitation des pistes de ski et de luge. En hiver, il est d’ailleurs même possible de gravir un sommet de 2653 mètres. Mais attention: ce chemin de randonnée hivernale peut être fermé en fonction de ses conditions, des chutes de neige ou du risque d’avalanche. Il convient de s’informer en temps utile de la situation afin d’éviter les mauvaises surprises. La variante la plus sportive, part de Maran (accessible avec la ligne de bus jaune depuis la gare d’Arosa) et passe par la Scheidegg et la cabane Sattelhütte en direction du Weisshorn. Les randonneurs souhaitant profiter pleinement des paysages de montagne de la vallée de Schanfigg ne choisiront cependant pas l’itinéraire direct: ils opteront, peu après l’Ober Prätschsee, pour un crochet menant à la Scheidegg à travers la forêt, via Rot Tritt. Les marcheurs qui en auront assez une fois arrivés à la Sattelhütte (encore 300 mètres de dénivelé) prendront le télésiège au Brüggerhorn et redescendront jusqu’à la station intermédiaire. De là, ils emprunteront un chemin de randonnée plus plat et plus court. Les grimpeurs poursuivront leur route et graviront les 200 derniers mètres de dénivelé jusqu’au point culminant de cet itinéraire. Car effectivement, le sommet du Weisshorn offre une vue spectaculaire sur près de 400 cimes, comme la Jungfrau, le Säntis, le Piz Buin ou le Dom. Après cette performance, un goûter amplement mérité au Restaurant Weisshorngipfel ravira les papilles des plus gourmands. Les baies vitrées à 360° leur permettront de jouir d’une vue imprenable tout en dégustant un morceau de gâteau de la «pâtisserie la plus haute du monde». Ceux qui opteront pour la variante plus tranquille de cette randonnée hivernale se feront transporter jusqu’au sommet par les remontées mécaniques du Weisshorn (1 changement) et feront le plein d’énergie au restaurant avant d’attaquer les près de 2,5 h de descente, parfois assez raide: d’abord en direction de la Sattelhütte, puis jusqu’à Prätschli, avant de rejoindre Maran.
Au pied du massif du Calanda N° 0953
Vättis • SG

Au pied du massif du Calanda

C’est un long voyage qui attend la neige tombant sur le sommet du Tödi: pendant dix longues années, l’eau issue de la fonte des neiges parcourt le sous-sol, s’enrichit en minéraux et se réchauffe à 36,5 °C avant de jaillir hors du sol à des kilomètres de là, dans les gorges de la Tamina. Elle est ensuite acheminée à Bad Ragaz au moyen d’un pipeline pour le bien-être des clients des thermes de la Tamina. A quelques kilomètres seulement au sud de ce paysage thermal marqué par le luxe et la mondanité, un tout autre monde s’ouvre à nous. Au fond de la vallée de la Tamina, loin de tout grand axe routier, sommeille le petit village de montagne de Vättis. On y cherchera en vain la cohue des pistes. Mais les marcheurs qui aiment se balader au grand air, dans la poudreuse, à l’écart des pistes et des remontées mécaniques, seront ravis. Oublions la Tamina et, à la place, prenons la direction du sud vers la vallée voisine, irriguée par les eaux du Görbsbach. Une piste de ski de fond a été aménagée dans la vallée; à côté, une petite route qui n’est pas déblayée en hiver, mais aménagée en chemin de randonnée hivernale, nous attend. On monte doucement jusqu’à Unter Kunkels en passant par les cabanes de Pardätsch et Caschleira; sans le remarquer, on a franchi la frontière entre le canton de St-Gall et les Grisons. Les escarpements du mont Calanda révèlent une vue merveilleuse. On poursuit la montée jusqu’à Ober Kunkels. Le restaurant de montagne Eggwald est aussi ouvert en hiver, mais seulement le dimanche et lorsqu’il fait beau. C’est aussi ici que se termine le chemin de randonnée hivernale balisé. Le retour à Vättis se fait par le même itinéraire.
De Brigels au Hospezi de Trun (GR) N° 0931
Breil/Brigels — Trun • GR

De Brigels au Hospezi de Trun (GR)

Peut-on remonter le temps? Oui, se sont dit Ursi et Christian Weber, qui ont acheté dans la Surselva une ancienne maison de pèlerins et loué quelques hectares de terrain. Depuis 1999, ils vivent au Hospezi en autosuffisance: du pain au levain au fromage, de la côtelette de porc laineux aux pâtes à la farine de seigle, ils font tout eux-mêmes. Leurs hôtes ne mangent donc que des produits maison et peuvent regarder pousser les légumes. Le jardin situé devant la terrasse ne contient presque que des espèces de ProSpecieRara: quatre variétés de carottes, des dizaines de légumes en branches et de salades, dont de l’épinard sauvage (les bergers s’en nourrissaient), du pourpier et de la cochléaire officinale. A quelques pas, des poules, des porcs laineux qui se vautrent dans une boue saine, et, sur le versant opposé, des chèvres et des moutons qui broutent. Tout produire soi-même? Un défi que les hôtes peuvent vivre en direct en observant le travail qu’il implique et le délicieux résultat dans l’assiette. Le domaine ne comprend que 2 hectares, et pourtant, cela suffit aux besoins du couple et de leurs hôtes. Le Hospezi accueille des personnes qui restent au moins deux nuits et mangent sur place, car sinon, le travail investi par ces aubergistes-paysans n’en vaut pas la peine. Il est indispensa* ble d’annoncer son arrivée! La randonnée commentée dans la vidéo par Damian Tomaschett commence à Brigels et longe la «Senda Sursilvana» jusqu’au Hospezi. La vue porte presque jusqu’à Disentis. Le moment fort de la marche se situe à Schlans (tour de défense et chapelle Maria zum Schnee). Un crochet par la ferme bio de Silvio Pfister est conseillé. Il élève des moutons de l’Oberland grison, des chèvres de la race Capra Grischa, des chevaux des Franches-Montagnes et des chevaux arabes. L’été, il propose des camps d’indiens et d’équitation aux enfants.
Potences et ruines de la Surselva N° 0904
Breil/Brigels Post — Station Rueun • GR

Potences et ruines de la Surselva

L’époque où la Suisse exécutait encore ses condamnés n’est pas si lointaine. L’armée n’a aboli la peine de mort qu’en 1992, près d’un demi-siècle après la mise à mort de 17 soldats, jugés traîtres à la patrie, durant la Seconde Guerre mondiale. La dernière exécution civile, à Sarnen, remonte à 1940. Au cours des décennies et des siècles précédents, la peine de mort avait pris toutes sortes de formes en Suisse. Par chance, le paysage de cette randonnée le long des potences est si beau que la cruauté des temps anciens n’est plus que mauvais souvenir. Le chemin pédestre s’élève juste derrière la poste de Brigels, longe le golf par des prairies et des forêts, dans une ambiance enchanteresse, vers Tschuppina et Flanz. Un détour de 15 minutes permet, depuis le site d’Adlerstein (Grepp da Flanz), d’avoir une belle vue sur la vallée. Le long d’un arc étendu, on rejoint la petite route carrossable de Brigels-Waltensburg et l’on descend sur un étroit sentier de forêt vers les ruines de Kropfenstein¹. Prudence à l’entrée de la forteresse, car les enfants risquent de glisser sous la barrière. Sinon, le château fort érigé au XIVe siècle sur des rochers à pic offre son pesant d’aventures. Une demi-heure plus tard, on rejoint Waltensburg dont l’église réformée¹ du XIIe siècle mérite une visite. Ses fresques comptent parmi les plus belles de style gothique de Suisse. A la sortie du village, un panneau brun invite à monter sur la colline, vers la potence de Fuortgas¹. Deux imposants piliers de pierre rappellent l’époque où les coupables, mais aussi les innocents, accusés de sorcellerie, trouvaient la mort. A environ 600 mètres de là se trouvent les ruines de Jörgenberg¹, la plus grande forteresse de la Surselva. Une descente raide ramène enfin à la gare de Rueun.
Cinq lacs en un jour N° 0905
Pizolhütte — Gaffia • SG

Cinq lacs en un jour

Nombreux sont les lacs alpins qui ont des couleurs dans leur nom (bleu, noir, rouge ou vert), souvent en raison des tons de l’eau. Différents facteurs influencent cet aspect: la réflexion de la lumière en surface, la diffusion de la lumière en présence de molécules d’eau et de matières en suspension, ainsi que la réflexion de la lumière par le fond du lac. La profondeur du lac et le moment de la journée entrent également en compte. Comme la couleur de l’eau résulte toujours de la combinaison de ces facteurs, on ne trouve pas deux lacs qui ont la même couleur. Même au cours de la journée, l’eau peut changer de nuances! Dans la région du Pizol, on peut parcourir cinq lacs en un jour. En automne, lorsque le temps est dégagé, les couleurs des lacs et la vue sur les premiers sommets enneigés sont particulièrement mis en valeur. Cependant, la plupart des plantes sont fanées en cette période. La randonnée panoramique des cinq lacs dans la région du Pizol est une des plus belles de Suisse. Elle est très appréciée et, par beau temps, on est rarement seul. Elle propose une attraction après l’autre: du glacier du Pizol au lacs pittoresques, en passant par la vue sur les sommets des Alpes glaronnaises, grisonnes et de Suisse orientale. Elle représente un défi pour les marcheurs peu expérimentés: le temps de marche est d’environ 4 heures, sur des chemins de montagne, au-dessus de la lisière de la forêt. Le parcours comporte trois montées et descentes passablement raides qui requièrent un pied sûr. Les personnes aimant marcher lentement, s’arrêter ou observer les nombreux bouquetins de la région et le couple d’aigles royaux feront bien de prévoir suffisamment de temps pour leur balade.
Itinéraire des cols glaronnais N° 0906
Matt — Mettmen • GL

Itinéraire des cols glaronnais

Lorsqu’on prend le bus à Schwanden pour se rendre à Matt, l’ouverture de la vallée du Sernftal est frappante. Pour profiter de la vue en hauteur, il faut d’abord monter un long tronçon pentu et boisé. Si l’on répartit la randonnée sur deux jours et que l’on passe la nuit à la Berglialp, il est possible de faire monter ses bagages sur les premiers 500 mètres avec le téléphérique utilitaire. Le chemin grimpe en zigzags sous des couronnes d’arbres qui protègent du soleil ardent, mais aussi des chutes de pierres. Depuis Riedboden, un chemin en traverse mène à la plus élevée des cabanes d’alpage de Berglimatt, celle d’Ober Stafel. Ensuite, un chemin raide monte par les rochers escarpés et les plis du Charenstock au Gandfurggele, le point de passage vers la vallée de Niderental. On y trouve le lac de Berglimattsee, caché derrière une colline herbeuse. Le Gandstock, situé à 2238 mètres, offre une vue panoramique encore plus spectaculaire que celle du Gandfurggele (aller-retour 80 minutes). Le chemin est marqué jusqu’au point 2238 (chemin de randonnée non officiel). La dernière ascension passe par des dalles de pierres et des «Steinmännchen» («bonshommes» en pierres empilées), assez espacés sur la fin, qui mènent au sommet. De là-haut, la vue s’étend du Glärnisch, en passant par l’Ortstock, jusqu’aux Tschingelhörner dentés et au Piz Sardona recouvert de glace. Ces sommets sont répartis à l’horizon sur la ligne géologique marquante du «chevauchement principal de Glaris».
Le circuit de Val da Camp N° 0855
Sfazù • GR

Le circuit de Val da Camp

De charmants lacs situés au cœur de denses forêts d’aroles et de mélèzes, au milieu de montagnes sauvages. Dans la réserve naturelle du Val da Camp située dans la vallée de Poschiavo, on découvre de tout, sans devoir marcher pendant des heures. Le point de départ pour les excursions vers les mystérieux lacs de Saoseo et deVal Viola est Sfazù: sur le trajet du car postal, à la hauteur du col de la Bernina. Après quelques minutes sur une route non goudronnée, on atteint les maisons de la Colonia di Buril. Au lieu de continuer tout droit, le chemin de randonnée bifurque à droite pour arriver sur le flanc sud du Val da Camp. Une agréable montée mène au hameau de Saoseo. Il suffit d’une courte escapade pour arriver au lac de Saoseo situé au milieu d’un bois de résineux, à 2028 mètres d’altitude. Dans l’eau limpide, couleur bleu cobalt, on distingue des vieux troncs d’arbres. Les arbres au bord de l’eau et les montagnes environnantes se reflètent à la surface. Le chemin devient plus raide, il traverse d’abord la forêt et ensuite un paysage de plus en plus sauvage, au pied de la Scima da Saoseo, avant d’atteindre le point 2258: des blocs de pierre et des gravats provenant d’un éboulement datant d’il y a longtemps. Quelques groupes de mélèzes ont réussi à s’implanter par endroits. Une fois descendu au bord du lac de Val Viola, situé à 2159 mètres, le chemin quitte le décor sauvage pour mener de l’autre côté du lac turquoise, dans un charmant paysage qui ressemble à un parc. Un pique-nique idyllique sur l’herbe s’impose. On enchaîne avec une petite sieste sur les rives du lac, une partie de frisbee, de la lecture ou simplement en se plongeant dans ses pensées. Un large sentier descend par l’autre côté de la vallée pour retourner à Sfazù. Les personnes qui trouvent cet itinéraire de quatre heures trop long, peuvent faire un parcourt plus court et rester plus longtemps près des lacs idylliques. Le nombre de variations et de liaisons est presque illimité: avec le minibus postal depuis Sfazù (sur réservation) jusqu’à Camp, puis monter au lac de Saoseo en 30 minutes, ensuite continuer sur un large chemin jusqu’au lac de Val Viola. Le Val da Camp est une région paradisiaque, surtout en automne, quand les feuilles des mélèzes sont dorées.
Une journée au Liechtenstein N° 0891
Stn. Planken Schulhaus — Steg • LI

Une journée au Liechtenstein

Voir tout le Liechtenstein en une journée? C’est possible lorsque l’on randonne jusqu’aux Drei Schwestern en passant par le Fürstensteig. Le chemin change constamment de versant en longeant la chaîne de montagnes, passant ainsi par toutes les communes du pays et la zone alpine entière, notamment les monts Galinakopf, Schönberg, Sareis, Augustenberg et Rappastein. La montée longue et raide entre l’école de Planken et le refuge de Gafadura se gravit de préférence la veille. L’occasion de se remémorer la légende des Drei Schwestern: un jour de l’Assomption, trois soeurs préférèrent aller cueillir des baies plutôt que d’assister à la messe. Mais la Vierge Marie les prit sur le fait et, en guise de punition, les transforma en pierre. Pour les voir, il faut monter juste après le refuge de Gafadura vers le mont Sarojasattel. Les plus intrépides opteront pour le chemin de randonnée alpine sécurisé par des cordes et deux échelles, les autres pour le chemin de randonnée de montagne qui contourne les Drei Schwestern. L’effort est vite récompensé, même si l’on n’atteint qu’un seul des trois sommets. On retrouvera la même vue plus tard, sur le Garsellikopf et le Kuegrat, où les marcheurs qui ont le vertige pourront se rattraper. Au Gafleisattel, randonneurs intrépides et ceux qui le sont moins se séparent à nouveau, les premiers longent le Fürstenstieg au bord du vide, sur des champs d’éboulis, et les seconds gravissent l’Alpspitz. Puis, la balade devient plus détendue, mais le paysage reste varié, jusqu’à l’auberge de montagne Sücka et l’arrêt de bus de Steg. En entrant dans l’auberge, on tombe sur un article de presse du «Vorarlberger Tagblatt» datant de 1932. Il stipule: «Les randonneurs qui souhaitent découvrir le petit pays de fond en comble ne doivent en aucun cas faire l’impasse sur ses jolies montagnes. Ils ne le regretteront pas.»
Longue, solitaire et spectaculaire N° 0892
Steg — Triesen • LI

Longue, solitaire et spectaculaire

Quand on pense au Liechtenstein, ce n’est pas pour ses montagnes. Eh bien, on a tort! Car la randonnée sur les crêtes du Rappastein depuis Steg est difficile, solitaire et spectaculaire. A droite, on a vue sur la vallée du Rhin et, à gauche, il y a les Alpes liechtensteinoises. Au milieu, le vaillant randonneur marche gaillardement. L’étroit sentier est souvent escarpé, raison pour laquelle il n’est pas recommandé de s’y aventurer par temps de pluie. D’ailleurs, de bonnes conditions météorologiques sont préférables si l’on veut s’arrêter pour admirer la vue. On peut aussi attendre d’avoir atteint le sommet. Du haut de ses 2222 mètres, le Rappastein offre un panorama impressionnant ainsi qu’un certain confort, grâce à un banc improvisé. Tant mieux, car la randonnée après le sommet reste difficile. Une traversée du versant, plus souvent entreprise par des moutons que par des randonneurs, mène dans la vallée de Lawena. Là, un dortoir se niche sur l’alpage. La vallée n’est pas accessible pendant la saison hivernale en raison du risque important d’avalanche. Plus en avant, le village de vacances historique de Tuass s’accroche au versant. Il n’est accessible qu’à pied, car le terrain est trop escarpé pour y construire une route. On peut faire le plein d’énergie et étancher sa soif à la jolie fontaine du village avant d’entamer la longue descente vers Triesen. On suit d’abord un sentier raide à travers la forêt en pente, avant de retrouver la route forestière qui descend de l’alpage de Lawena. On emprunte celle-ci sur les derniers kilomètres jusqu’à la petite village de Triesen.
Dans la vallée des gypaètes barbus N° 0717
Il Fuorn P8 — Il Fuorn P6 • GR

Dans la vallée des gypaètes barbus

En 1991, le Val da Stabelchod a été au centre de toutes les attentions: plus de cent ans après la disparition du gypaète barbu en Suisse, trois jeunes gypaètes y ont été réintroduits avec succès. Aujourd’hui, plusieurs couples de ces grands oiseaux nichent dans le Parc national ou alentour. Avec un peu de chance, on les apercevra du sentier didactique de Margunet. Pendant cette balade de plus de trois heures, les enfants attentifs et leurs parents verront également, en fonction de l’heure et de la saison, des aigles royaux, des cerfs, des chevreuils, des marmottes ou des chamois. La randonnée démarre sur le parking P8 (aussi possible depuis P9). De là, un large chemin plat traverse une forêt de pins des montagnes. Des panneaux informent régulièrement les promeneurs sur les phénomènes environnants. Juste avant d’arriver à l’Alp Stabelchod, il faut être attentif, car il n’est pas rare que des cerfs, des chevreuils et même des chamois broutent par ici. Ensuite, le chemin monte légèrement pour mener dans la gorge du Val da Stabelchod, qui ne tarde pas à devenir plus étroite. Avant le premier pont, on aperçoit en face, sur une paroi rocheuse, des traces d’anciennes marmites glaciaires. La prochaine aire de repos permet d’observer des cerfs et des chamois et, parfois même, des aigles et des gypaètes. Un long chemin en zigzag franchit l’orée de la forêt et mène à Margunet, qui offre un panorama à couper le souffle sur la moitié du Parc national et le paysage formé par les glaciers de la dernière ère glaciaire. Le chemin qui descend vers le Val dal Botsch franchit d’abord une arête, puis plonge abruptement. Il traverse un autre poste d’observation et continue le long du ruisseau jusqu’au parking P7. Comme aucun car postal ne s’arrête ici, il faut rejoindre le parking P8 à pied ou le P6 de l’hôtel du Parc national, Il Fuorn.
Sur les sept ponts de Flims N° 0887
Flims Dorf — Stn. Alp Naraus • GR

Sur les sept ponts de Flims

Ouvert en 2013, le Trutg dil Flem relie sept ponts, véritables oeuvres d’art du célèbre ingénieur Jürg Conzett (né en 1956). Ce nom signifie à peu près «trottoir au bord du torrent de Flims», et une telle originalité ne peut qu’éveiller la curiosité de parcourir ce sentier primé du Prix Rando 2014. Un chemin abrupt mène à une sorte de gorge, puis traverse un labyrinthe sauvage et enchanteur de rochers moussus, qui exige une très grande prudence. Après le Punt Gronda (point 1297), le sentier court sur la berge, et c’est là que le Trutg commence à dévoiler son secret: fin et élancé, le pont Muletg traverse la Flem, puis, de l’autre côté, le chemin abrupt mène au pont suivant, le Wasserfallbrücke, un arc élégant au-dessus des tourbillons. Plus haut, la vue sur ces deux ponts est fascinante: leurs différences de matériaux et de construction semblent créer un dialogue. Le troisième ouvrage, le Punt da Max, lui aussi différent, fait entrer l’art du pont dans une nouvelle phase. Le milieu de la symphonie est atteint au Punt Tarschlims, au plus profond du lit du torrent. Puis le sentier se remet à monter jusqu’au pont Pilzfelsen, qui semble être une passerelle renversée sur les talus de pierre, posée à un saut de puce des minces piliers de bois du Verweilbrücke. Le point d’orgue de ces superbes réalisations est le petit Oberste Brücke, posé aussi légèrement et audacieusement qu’un haïku. Sur la dernière portion du sentier, jusqu’à la station de Naraus, le randonneur a l’impression d’avoir traversé une symphonie de ponts en sept mouvements. Il ne s’agit alors plus qu’une simple randonnée, mais bien d’une véritable expérience artistique.
Un sommet qui domine N° 0893
Malbun • LI

Un sommet qui domine

De son sommet, la vue panoramique sur les montagnes du Liechtenstein, d’Autriche et de Suisse est tout simplement grandiose. Par temps clair, on aperçoit même le lac de Constance. D’une altitude de 2198 mètres, le Galinakopf est un point de vue apprécié car le chemin de montagne du Liechtenstein qui y mène se parcourt aisément. Le début de la montée est facile. Devant l’Alpenhotel Malbun, près duquel s’arrête aussi le car postal de Vaduz, on monte brièvement sur une route goudronnée raide. En dessous de la chapelle, on suit la direction du Saasförkle, une sorte de dépression. Le chemin sinueux traverse une forêt et passe devant un lac. Au Saasförkle, la voie tourne à gauche vers le Schönberg, un beau site à découvrir à une autre occasion, car c’est en prenant à droite que l’on rejoint le Galinakopf. La petite route au revêtement naturel se transforme à partir du Mattaförkle en un sentier de montagne qui s’élève à travers des pins assez bas jusqu’à la crête qui tient lieu de frontière, le Guschgfieljoch. Les pentes herbeuses sont recouvertes de belles anémones, orchidées, rhododendrons, grandes gentianes et vérâtres blancs. Après la traversée du flanc sud herbeux, de plus en plus raide, et du passage très pentu et pierreux sur la crête sud-ouest, un peu exposée, on rejoint bientôt le sommet et sa croix. En regardant vers le sud, on peut suivre en bas pratiquement tout l’itinéraire jusqu’au Sassförkle. A l’ouest, les Drei Schwestern du Liechtenstein saluent le Säntis et le Tödi à l’horizon; on reconnaît dans la vallée du Rhin Sargans et le Gonzen. Au sud, on voit le Naafkopf et la Schesaplana, tandis qu’à l’est s’élèvent les sommets du Vorarlberg. Après un repos bien mérité, le retour s’effectue par le même itinéraire.
A travers trois pays N° 0894
Älpli — Sareis • GR

A travers trois pays

L’itinéraire du Barthümeljoch passe par trois pays en un seul jour. A la station supérieure Älpli, en Suisse, on quitte le large chemin alpin à la hauteur du premier indicateur, en direction du Jeninser Obersäss. Le sentier longe alors le Vilan. Des passerelles en bois facilitent la traversée des versants herbeux et marécageux. Sur le haut-plateau, on emprunte le chemin de gauche, qui traverse une prairie, rejoint le pied d’un cône en passant par la crête, puis descend à l’Alp Bad. D’ici, on parvient à un lac aux reflets émeraude: l’Unterst See. S’il ne fallait pas monter au Barthümel* joch, le site serait idéal pour pique-niquer. Après une brève descente dans le lit pierreux du ruisseau, une petite route remonte, traverse un court tunnel et rejoint l’Alp Ijes. On poursuit vers l’est, jusqu’au panneau indiquant la montée vers le Barthümeljoch. Au Barthümeljoch, une vieille plaque en fer portant l’inscription «Österreich» (Autriche) nous accueille. D’ici, on admire le panorama en déballant son pique-nique. Le chemin des crêtes du Liechtenstein traverse ensuite quelques passages escarpés et délicats jusqu’à la cabane de Pfälzer, située sur sol liechtensteinois et d’où l’on voit le Naafkopf, une montagne commune aux trois pays. Si la randonnée s’effectue sur deux jours, on y dormira. La montée à l’Augstenberg (le point le plus élevé de l’itinéraire avec ses 2359 mètres) n’est pas des plus faciles, mais au sommet, la vue sur le Liechtenstein et la vallée du Rhin fait vite oublier les efforts. On rejoint la station supérieure de Sareis (Bim Chrüz) par le chemin panoramique de la princesse Gina (Fürstin-Gina-Weg), bien connu au Liechtenstein. Si la randonnée ne dure qu’un jour, on descend alors à Malbun en télésiège.
Prodiges au Parc national N° 0895
Il Fuorn P6 — Punt la Drossa P4 • GR

Prodiges au Parc national

Il y en a beaucoup, même si on les remarque à peine. En effet, il ne faut pas sous-estimer les fourmilières qui bordent les chemins de randonnée. Car dans le Parc national, cette nuée de minuscules bêtes, avec leurs 350 000 kilos additionnés, pèse autant que tous les bouquetins réunis. Et les fourmis ne sont pas les seules merveilles à passer inaperçues dans ce parc. Les arbres annelés par les pics ou les épicéas rongés par les chèvres révèlent bien des choses sur les habitants des lieux, même lorsque ceux-ci ne veulent pas se montrer. Mais attention, il ne faut pas quitter les chemins si l’on veut préserver la nature du parc intacte. La randonnée sur l’alpage de La Schera commence au parking 5, accessible par le chemin qui part de l’arrêt de bus Il Fuorn, et longe la route du col. Le chemin de randonnée de montagne mène rapidement dans la forêt en longeant les petits sapins rongés par le gibier et les troncs d’arbre troués par le bec des pics. Au sortir de la forêt, nous voilà déjà à La Schera. On peut faire une pause sur la place prévue à cet effet, autour de la maison en pierre, au milieu de marmottes. Des cerfs rouges s’étendent ici parfois; on en voit encore les traces. Le chemin du retour ressemble à une tranchée dans une mer d’arbres tombés à terre et devenus gris-blanc après des décennies passées sous le soleil brûlant. Imbriqués tels des allumettes, ils gisent parmi les mélèzes verdoyants et débordants de vie, envahis de buissons de myrtilles, de mousse et de lichen. Après le croisement au point 1828, le chemin mène directement à Punt la Drossa (P4).
Le chemin des Walser de la vallée de Safien N° 0918
Turrahus — Safien Platz • GR

Le chemin des Walser de la vallée de Safien

Le Turrahus est un lieu certes isolé, mais plus riche qu’on ne l’imagine. Le musée de l’association des étables de Safien, ainsi que l’auberge Turrahus donnent un avant-goût de l’hospitalité locale. Cette randonnée aux beaux panoramas se dirige à travers forêts et pâturages vers la sortie de la vallée et passe devant les étables très anciennes de Safien. L’itinéraire débute à l’arrêt de car postal Thalkirch-Turrahus, suit la route puis franchit un petit pont et longe la Rabiusa, à côté d’un pâturage. A la sortie du hameau de Thalkirch, on ne voit pas seulement les étables de Safien, mais aussi, de très près, de nombreuses vaches. Les étables typiques de la région datent du XIVe siècle, période à laquelle les Walser, venus du Rheinwald, s’établirent sur des sites dispersés. Cette vision pittoresque accompagne la randonnée qui se poursuit, plus haut, à travers des pâturages, où les randonneurs doivent être attentifs à leurs pas et refermer les barrières derrière eux. Après avoir franchi un tourniquet, ils pénètrent dans la forêt de Bawald, où un petit lac offre une possibilité d’arrêt. Belle atmosphère que celle qui règne dans cette vieille forêt aux pierres couvertes de mousse et aux arbres élevés. Après un bref passage dans la forêt de Camana, on rejoint la Camaner Hütta, où s’alignent de nouvelles jolies étables de Safien. Quelques cabanes ont été transformées en résidences de week-end. La vue sur la vallée est très belle. La descente mène à Camanaboda, où l’on suit la route goudronnée jusqu’à Hof. L’itinéraire traverse ensuite la forêt pour descendre à Safien Platz. On ne manquera pas une visite à la «Spensa» pour acheter des produits régionaux, et à l’auberge Rathaus ou au «Z’Cafi» pour se restaurer, avant de prendre le car postal (qui circule toutes les deux heures) jusqu’à la gare de Versam.
Féerie hivernale à Preda N° 0947
Preda • GR

Féerie hivernale à Preda

Le point de départ de ce tour à raquettes est la gare de Preda, sur la ligne de l'Albula des Chemins de fer rhétiques. Le trajet en train depuis Coire est très divertissant, car la ligne de l'Albula comprend de nombreux viaducs et tunnels entre Thusis et St-Moritz. Le viaduc de Landwasser, construit en 1901 et 1902, est un véritable chef d'œuvre de génie civil, permettant au train de passer par-dessus la vallée de Landwasser en une longue courbe avant de pénétrer directement dans un tunnel dont l'entrée a été creusée dans la paroi rocheuse. Le parcours entre Bergün et Preda, où le dénivelé de 400m a dû être maîtrisé au moyen de nombreux tunnels hélicoïdaux et viaducs, est tout aussi impressionnant. De Preda, le tour à raquettes mène tout d'abord le randonneur à Preda Dadains, puis de là, à une grande plaine enneigée. Il vaut la peine d'attendre un beau jour pour faire cette balade, car la vallée enneigée de l'Albula est magnifique par temps ensoleillé. Cela est tout particulièrement vrai lorsqu'un peu de neige est tombée les jours d'avant, et que les arbres sont beaux blancs. Commence alors la montée à travers la forêt jusqu'à la crête de Crestas da Palpuogna. Arrivé en haut, un panorama grandiose d'un paysage d'hiver presque intact s'étend devant le promeneur avec le lac de Palpuogna (Lai da Palpuagna), tout enneigé. La route du col de l'Albula, qui passe là en été, est difficilement reconnaissable en hiver. Le randonneur rejoint cette route de col en peu de temps et la suit sur quelques mètres, jusqu'à ce qu'il se trouve dans la forêt enneigée. Le tour passe ici par un superbe point de vue donnant sur Bergün où le promeneur peut faire une belle photo d'hiver. De retour à Preda, cette balade peut être complétée par une descente en luge sur la piste de 6 km qui va jusqu'à Bergün. Des luges peuvent être louées à la gare de Preda.
Au royaume du casse-noix moucheté N° 0795
S-charl — Ofenpass • GR

Au royaume du casse-noix moucheté

Pour les Romanches, elle symbolise leur force et leur résistance. Pour les visiteurs, elle représente un lieu à la fois mystique et magique. Elle, c’est une forêt, la God Tamangur. Des centaines de pins aroles noueux, parfois vieux de huit siècles, se dressent, fascinants, sur le flanc nord‑ouest du Piz Murtera. Le casse‑noix moucheté, qui recueille des dizaines de milliers de pignons d’aroles et les enterre en prévision de l’hiver, est lui aussi étonnant. Les graines qu’il oublie dans le sol assurent le rajeunissement de la forêt d’aroles. Aux abords de la forêt, on peut parfois observer des marmottes. On passe aisément plusieurs heures dans ce bel endroit et il est donc conseillé de partir de S‑charl assez tôt. Après avoir quitté la God Tamangur, les randonneurs poursuivent leur chemin dans un paysage montagneux austère mais captivant. Au niveau de Funtana da S‑charl, l’itinéraire entre dans la Valbella. Après avoir laissé derrière soi le skilift d’un goût esthétique douteux, on arrive à un haut‑plateau dénudé, puis on suit un sentier passant sur un escarpement d’où l’on peut admirer de belles formations rocheuses. A Chaschlot, juste avant d’arriver sur l’Ofenpass, on voit enfin d’impressionnantes roches marquées par l’érosion.
Une vallée si bien préservée N° 0797
Sils-Maria • GR

Une vallée si bien préservée

En marchant vers le Muott’Ota, le randonneur a constamment sous les yeux un vaste panorama. Après avoir traversé la forêt de God Loret et rejoint le Muotta da Güvè, il pourra admirer des vues variées sur l’Engadine, le Val Fex et le Val Fedoz voisin. Du point 2458, le plus élevé du Muott’Ota, on voit même les trois vallées à la fois. A la montée, le chemin serpente durant de longs moments dans la nature aux teintes d’automne: mélèzes jaunes, buissons verts des rhododendrons et feuilles déjà rouges des myrtilles offrent un beau contraste avec les lacs d’Engadine en contrebas. Vient alors la descente par l’Alp da Segl et la carrière un peu cachée dans laquelle, il y a près de 50 ans, on extrayait à la main le gneiss utilisé pour les dalles de Fex. En bas, dans la vallée, une pause sur la terrasse de l’Hôtel Fex s’impose. Cet hôtel de montagne datant des débuts de l’ère du tourisme fut démonté pièce par pièce vers 1900 et transporté depuis St. Moritz Bad dans des voitures tirées par des chevaux. Le Val Fex, une vallée sans voitures, a pu se soustraire à l’explosion de la construction en Engadine et conserver sa beauté naturelle, grâce à une ordonnance restrictive en matière de construction, ainsi qu’à l’interdiction de pose de lignes électriques au‑dessus du sol et d’installation de téléphériques. Le chemin du retour longe la forêt, parallèlement à la route sur laquelle circulent des calèches qui desservent les hameaux de la vallée. A Crastas, il faut faire un détour par la petite église, l’emblème de la vallée. Ce lieu n’est plus très éloigné de Sils Maria. Après Platta, le chemin de la rive gauche de la rivière Fedacla passe par une gorge romantique.
L’authentique Basse-Engadine N° 0798
Ramosch, Fermada — Strada • GR

L’authentique Basse-Engadine

A une époque, la région de Tschlin était le grenier de l’Engadine. Aujourd’hui, elle fait partie des régions les plus sèches de Suisse. Ramosch, lieu de départ de la randonnée, est quant à lui considéré comme le village ensoleillé le plus chaud de l’Engadine. Ceci s’explique par le paysage en terrasses du côté nord‑ouest de la vallée: autrefois, les champs étaient irrigués et l’on y cultivait du seigle qui, grâce à la douceur du climat, poussait particulièrement bien. La randonnée mène d’abord à travers ce paysage en terrasses et offre une vue imprenable sur la Basse‑Engadine pendant toute l’ascension. Un peu plus tard, le chemin mène au Val Ruinains par la forêt, puis il traverse deux ruisseaux. Le chemin en pente douce mène à Tschlin, où une Biera Engiadinaisa locale réjouira les randonneurs assoiffés. Les activités artisanales du village portent le label «Bun Tschlin» (littéralement: de bonnes choses venant de Tschlin). Une concentration exclusive de produits régionaux et biologiques a fait de ce village authentique de Basse‑Engadine une destination touristique de petite taille, mais d’un grand intérêt. Le retour vers la vallée peut se faire par le chemin du dectique verrucivore. Ce chemin de découvertes familial permet d’aller à la rencontre, via neuf panneaux d’information, de tout ce qui fleurit, marche, rampe, vole et gazouille dans cette région. Le chemin tire son nom d’une espèce de sauterelle prétendument «mangeuse» de verrues.
Greina, en pleine nature N° 0800
Puzzatsch — Pian Geirètt • GR

Greina, en pleine nature

Les premiers projets d’intégrer la Greina à la politique d’économie énergétique datent de la période suivant la Première Guerre mondiale. Après le succès de la campagne nationale pour la protection du haut plateau dans les années 80, la Greina représente aujourd’hui le symbole du changement de paradigme dans le rapport à la nature: les plans de transformer le plateau préservé en lac artificiel ont été abandonnés. Depuis 1996, la plaine d’environ 6 kilomètres de long fait partie de l’Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels. Randonner pendant la semaine permet de s’immerger dans un paysage solitaire, unique: le territoire protégé se distingue par une grande variété de biotopes uniques. Puzzatsch dans le Val Lumnezia est le point de départ pour le passage de la Greina des Grisons au Tessin. Le chemin par le col de Diesrut est plus facile que l’ascension depuis le Val Sumvitg, mais est déconseillé aux personnes sujettes au vertige. Le chemin de montagne mène à la Terrihütte, l’objectif du jour, par un petit pont au‑dessus du Rein da Sumvitg et un plateau rocheux sécurisé par des cordes. L’itinéraire se poursuit, le deuxième jour, autour du Muot la Greina. Un couloir de rochers sécurisé par des chaînes est difficile, mais pas impossible. Une fois surmontée cette étape, le chemin mène sans difficultés par le paysage d’un romantisme sauvage vers le col de la Greina, puis vers la Capanna Scaletta et Pian Geirett jusqu’à l’arrêt du Bus alpin.
Recettes du Prättigau N° 0803
St. Antönien — Pany • GR

Recettes du Prättigau

Dans le Prättigau, spécialités culinaires et randonnées d’hiver font bon ménage. Si la soupe d’orge est proposée dans presque tout le canton, le «Chäsgätschäder» est une spécialité de la région de St. Antönien. Ce que l’on nomme aussi la fondue paysanne est un plat bien consistant à base de pain croustillant, de lait et de fromage d’alpage, qui figure à la carte de plusieurs bistrots de St. Antönien. Il est servi directement dans une poêle dont tous les hôtes, munis d’une fourchette, se partagent le contenu. Ayant ainsi repris des forces, les marcheurs peuvent affronter un peu plus aisément la montée très raide (pénible pour les enfants en particulier) entre St. Antönien Platz et Sagen, où commence le chemin de randonnée balisé en rose vif. Heureusement pour les petits, il est possible de tirer une luge sur l’ensemble du trajet. Le chemin passe à travers une forêt enneigée. Pour éviter de déranger le tétras lyre et le grand tétras dans leurs abris creusés dans la neige, les raquetteurs et les randonneurs sont priés de ne pas quitter le chemin jusqu’au Grossried. D’ici, le sentier passe au pied du Chrüz, un but apprécié des sportifs d’hiver. Une fois sur le Capöllerbüel, le point le plus élevé de la randonnée est atteint. Il ne reste alors plus que de la descente, ce qui réjouit surtout les enfants sur leur luge. On fera une petite pause à la Bodähütte, où l’on peut louer des luges ou faire, une fois par semaine, un trajet sur un long traîneau. Les passagers assis sur un tronc d’arbre sont tirés par un cheval à travers un mur de neige. Ceux qui préfèrent le calme mangeront une soupe d’orge ou un plateau de fromages et de saucisses à la cabane avant de descendre en pente douce vers Pany.
Piz Languard N° 0832
Alp Languard — Bernina Diavolezza • GR

Piz Languard

Sur les hauteurs de Pontresina trône la majestueuse pyramide du Piz Languard, avec le petit refuge Georgy situé près du sommet. Depuis l’alpe Languard, en lisière de forêt, un sentier tout à fait praticable monte sans s’arrêter jusqu’à l’embranchement menant au sommet. Moyennant quelques litres de sueur, mais avec une vue splendide, il s’élève encore sur 250 mètres jusqu’au refuge Georgy, l’un des hébergements de randonnée les plus hauts de Suisse. De là, un bon sentier, mais exposé sur une courte distance, conduit au sommet lui‑même. Le panorama est époustouflant: des Alpes valaisannes, bernoises et glaronaises jusqu’au massif de la Bernina en passant par la Silvretta, le Weisskugel ou l’Ortler, ce sont des centaines de sommets qui s’offrent au regard – un spectacle particulièrement remarquable au lever ou au coucher du soleil. Le célèbre glacier de Morteratsch possède toujours sa superbe coulée de glace, mais cette langue disparaît à vitesse grand V. Même le Biancograt du Piz Bernina, le Graal de nombreux alpinistes, pourrait perdre de son éclat, mais les premiers rocs victimes de la fonte pourraient briser les élégantes arêtes du massif. Ces phénomènes, liés au réchauffement climatique, peuvent être découverts le long du passionnant sentier climatique reliant Muottas Muragl à l’alpe Languard, en passant par le refuge Segantini. Ce sentier constitue en outre l’une des deux possibilités pour la descente: en allant vers Muottas Muragl ou en faisant une boucle vers l’Alp Languard. Après la descente du sommet, le sentier s’étire au pied de la Crasta Languard, le long des plateaux caillouteux du Fuorcla et du Lej da la Pischa. En chemin, on peut souvent observer des bouquetins du grand troupeau du Piz Albris. Sur les hauteurs fleuries du Val da Fain, il faut encore surmonter un passage légèrement exposé. Ensuite, sans jamais perdre de vue la blancheur massive du Piz Alv, on serpente dans la vallée, sur le chemin, jusqu’au pont sur la Berninabach, et enfin la gare de Diavolezza des Chemins de fer réthiques.