Le Valais compte quelque 300 bisses encore en activité. Bon nombre de ces canaux d’irrigation traditionnels ont été construits au Moyen Age, dont le Grand Bisse de Lens. Ce cours d’eau constitue un bon exemple des différentes fonctions jouées par les bisses à l’ère contemporaine, notamment des fonctions agricole, patrimoniale et touristique. En termes de randonnée aussi, le Grand Bisse de Lens offre une palette étonnamment variée d’expériences.
L’excursion démarre à l’arrêt de bus «Icogne, Les Vernasses». La première partie de l’itinéraire emprunte un chemin idyllique tatoué de racines, qui serpente dans une végétation luxuriante. Attention à ne pas se tordre les chevilles, surtout si l’on est concentré sur un concours de petits bateaux! Après une demi-heure de marche environ, on atteint la partie la plus technique – et la plus spectaculaire – de la randonnée: l’aqueduc, littéralement accroché à la falaise, est flanqué d’un sentier escarpé et aérien, balisé en blanc-rouge-blanc. Certes sécurisé par des barrières et des cordes, ce passage exige néanmoins d’avoir le pied sûr.
Les personnes pour qui ce qui précède a constitué un défi sont récompensées pour leur courage lorsqu’elles parviennent au point 1029, là où le bisse marque un coude. Des bancs invitent à faire une pause prolongée et à admirer la vue panoramique sur la vallée du Rhône. A noter que des jumelles fixes égrenant les noms des sommets environnants ont été installées à cet endroit. L’itinéraire se poursuit et s’achève de façon plus paisible en direction de Chermignon-d’en-Bas. On évolue tantôt à découvert, tantôt à l’ombre des arbres. A plusieurs reprises, le sentier offre de belles vues sur la plaine en contrebas, où le Rhône ressemble à une version géante du bisse que l’on est en train de suivre. C’est un peu à contrecœur que l’on quitte le calme cours d’eau pour rejoindre l’arrêt de bus «Chermignon, Diogne», planté au bord de la bruyante route cantonale.